Code de la route : où comment jouer à ni oui, ni non avec votre cerveau.

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En début d’année (rien à voir avec les résolutions que personne ne tient jamais) je me suis inscrite à l’auto-école avec comme seule envie, obtenir mon permis de conduire au plus vite. Pourquoi au plus vite ? Parce que j’ai envie de conduire et que même si ça fera moins d’1 an, lorsque j’irais à la Comic Con de San Diego, j’entend bien partager le temps de conduite avec Minoushka qui louera la voiture.

Il faut savoir qu’avant de monter sur Paris, j’avais déjà passé mon permis une première fois dans la campagne Basque sous l’égide de ma mère qui disait que j’en aurais forcément besoin un jour et comme ça ce sera fait. or, si je n’ai pas envie, j’y met une mauvaise volonté de tous les diables. Et si j’ai eu le code du premier coup, l’examen pratique fut un « échec » sous prétexte que je n’avais pas confiance en moi, alors que je conduisais plutôt bien (quand on arrive à éviter un connard sur l’autoroute qui double par la droite à 150km/h alors que vous vous rabattez (après avoir fait les vérifications d’usages évidemment), on peut se dire « oui, je gère la fougère. »). Bref! J’avais mis derrière moi l’épisode conduite en m’excusant auprès de ma famille qui avait financé les 3/4 et surtout en rompant avec une tradition millénaire qui est d’avoir le permis du premier coup. HONTE ! Ma famille est maudite sur 7 générations parce que je n’ai pas voulu doubler un tracteur !

Thanks ! Ça va booster ma confiance ça !
C’est vrai que d’avoir réussi un créneau en côte et d’avoir su répondre à tes questions sur les pneus tout en faisant un parfait demi-tour n’étais pas assez !

L’occasion de repasser le permis ne s’est pas présenté au bon moment (entre temps j’avais migré sur Paris pour les études) c’est avec force et courage je me suis relancée dans l’aventure en 2014. Et cette fois la motivation est là car j’ai besoin du papier rose (je sais qu’on aura droit à une carte à puce mais le papier rose c’est un classique) et surtout : c’est moi qui paie. L’argent ne poussant pas comme l’herbe à chat je n’ai pas le droit à l’erreur (ou alors si mais une fois, hein). La première étape pour l’obtention c’est évidemment : le code !

Ah le code ! Comment j’avais pu oublier à quel point c’est prise de tête ? Je pense que c’est comme un traumatisme. Ça nous marque au plus profond de notre être mais c’est tellement douloureux que le cerveau stocke ça sous clef bien planqué sous une pile immenses de répliques de Buffy, des meilleurs moment d’Harry Potter et ou encore des ronrons de petits chatons. Mais là, impossible d’éviter le calvaire des Questions à Choix Multiples énoncées par des voix sans âmes. Quatre lettres dansent en continue sous vos yeux : A, B, C et D. Laquelle choisir ? Est-ce qu’elle vient avec un +1, si oui, qui l’accompagnera ? Dois-je écraser la vieille qui traverse sur le passage piéton alors que mon feu est vert ? Quelle est la taille des bandes blanches sur la route pour savoir si ma distance de sécurité avec l’utilitaire Citroen en face de moi est bonne ?

On s’arrache les cheveux, on respire un bon coup et on répond.

Vil Coyote

Autant vous dire que j’avais la pression puisque j’avais déjà passé mon code et que depuis 2006 peu de choses avaient changé (si ce n’est pour les questions concernant l’éco-conduite : WTF ???) donc quand je stagnais à 9 fautes j’avais ce qu’on appelle les boules, les glandes, les foies (choisissez le vainqueur). Et puis vint le moment de l’équilibre. Celui où vous restez fidèle à vos 6 petites fautes parce que, oui vous avez chier en répondant « Je passe » alors qu’une roue de poussette *zoom x60* se dissimulait derrière la voiture garée à droite. Oui vous avez répondu B alors que vous vouliez taper D (la voix de votre prof de français/anglais/histoire ou autre vous hante encore avec son « prenez le temps de relire surtout ! La relecture c’est important !). Putain il avait raison ce con ! Chaque réponse qui défilent vous narguent et dansent culs nuls entre deux face palms tellement vous vous sentez con(ne)s d’avoir répondu autant de merde alors que vous SAVEZ avoir le niveau.

Oui car le code de la route c’est ça : l’art de vous faire passer pour le plus grand imbécile que la Terre n’est jamais vu en vous posant une question des plus simples. Mais l’est-t-elle vraiment ? Des fois la réponse nous semble évidente, et quand vient le moment de la correction *Erreur ! Erreur ! Brain not found* vous vous dites « Whaaat ???« . Par exemple saviez-vous que la nuit – même en agglomération éclairée – vous devez faire un appel lumineux (on ne dit pas « un appel de phares ») quand vous arrivez à la hauteur d’une intersection même si celle-ci est dégagée parce qu’ON NE SAIT JAMAIS !!! Je vous épargne les questions du genre « à combien de mètres les feux de croisement doivent-ils être visibles ? » ou (et c’est une de mes favorites) « Combien y a t-il eu de blessés en 2009 ? » v_v

going mad

Quoiqu’il en soit, la secrétaire de mon auto-école désire me faire passer au plus vite et fixe donc une date. Là c’est la dernière étape avant l’examen final : CELLE OÙ TU FOIRES ABSOLUMENT TOUT !

C’est l’enchainement de séries de 40 questions ! On relis le livre de la première à la dernière page. On joue avec l’application Code de la Route (gratuite parce que vu tout ce qu’on débourse déjà faut pas déconner non plus) sur son téléphone dès qu’on a 5′. On rêve de ligne blanches (non pas celles-là bande de drogués dégénérés), de panneaux divers et variés, de sales cons de gamins qui traversent sans regarder et d’utilitaires Citroen qu’on ne sait pas si on peut/doit (car la différence est là) les doubler ou non.

Du coup on vit le code, on boit le code, on respire le code : on EST le code ! Nos yeux sont vitreux, la bouche sèche et les pouces en sang sur la télécommande. On n’en peut plus et nos résultats plus que disparates (un coup 11 fautes, un coup 4 et puis une fois pour le sport 16 ou encore 2) nous font douter.

I just wanna die

Il fait nuit, j’allume mes feux : OUI réponse A, NON réponse B. « Aaaaaah putain je sais plus ! J’ai pas mon briquet sur moi !!! » Même les questions les plus simples nous collent les jetons. On a des sueurs froides rien à qu’à l’idée d’appuyer sur le bouton « validation » et puis un jour vient : l’examen !

Alors là je vous passe le marasme administrative et la longue mais alors très longue attente à la préfecture mais quand vous entendez le nom de votre auto-école vous vous rendez dans la salle d’examens comme un condamné au Goulag. On s’attend au pire. Une salle aux murs blancs avec des chaises précisément espacée de deux carreaux pour que personne ne puisse copier sur le collègue, et un mec (ou une nana) affable à la mèche volante qui détaille votre carte d’identité et vous remet un boitier gris impersonnel en vous disant où vous devez vous assoir. « ME DIS PAS CE QUE JE DOIS FAIRE CONNARD » Oui vous êtes sur les nerfs mais vous n’en montrez rien. Votre cerveau est en veille prolongée parce que vous vous êtes levé à 6h du mat’ parce que vous aviez rendez-vous à 8h mais qu’on ne vous a appelé qu’à 9h tout ça pour passer un examen de 30′ une demi-heure après avoir posé votre cul sur une chaise en plastique inconfortable.

Jusqu’au bout le code vous aura fait mal au cul (littéralement) et puis commence l’examen.

Grinch
La tronche intérieure de la personne qui nous explique le déroulement de l’examen.

Je ne sais pas pour vous mais je crois avoir eu les questions les plus faciles du monde si bien que je m’en mordais la langue, et que j’appuyais sur les touches (A, B, C et/ou D : les quatre salopes) avec fébrilité et me demandant si tout ça n’est pas qu’un vaste complot gouvernemental visant à nous faire perdre tous nos moyens pour qu’on échoue et qu’on paie 110€ pour repasser l’examen. À la sortie j’étais persuadée d’avoir échouer lamentablement et c’est la voix tremblante que j’appelle mon mari en lui disant « je crois que j’ai fais 7 fautes tellement j’ai douté. » Personne à part lui savait que je passais mon code pour ne pas avoir à affronter le : « alors tu l’as eu ? » , devoir dire un éventuel « non » et s’entendre dire ensuite « oh mais c’est pas grave tu l’auras la prochaine fois. » Vas-y enfonces encore un peu plus le clou parce que je n’étais pas sûre d’avoir assez la pression en cas d’un échec secondaire.

L’examen était mercredi, on nous a dit qu’on aurait les résultats vendredi. Au moment où j’écris ces lignes, on est jeudi et les résultats sont déjà tombés : J’AI EU MON CODE !

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