Lecture de vacances — Belle de Robin McKinley

Cette année je suis censée lire QUE des comics ! Y en a trop qui s’amasse sur mes étagères et à force de prendre la poussière j’ai peur que les dessins s’effacent. Mais quand je pars en vacances j’aime pas spécialement me balader avec 4 tomes de 100 à 200 pages. Bizarre non ?

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Sur un blog que j’aime très beaucoup mais dont le nom m’échappe aujourd’hui  —QU’ON LA FOUETTE !!!— fut conseillé une réécriture du conte de la Belle et la Bête. Nommée avec simplicité, le court roman de Robin McKinley (auteure de fantastique) s’attache à nous faire connaître l’héroïne, Belle, avant sa rencontre avec la Bête.

  • Moi, je.

Tout est narré de son point de vue à elle, et si je ne suis pas amatrice de récit à la première personne, je dois avouer que l’auteure a fait du très bon travail. Elle évite le piège classique de l’auto-culpabilité car si Belle manque de confiance en elle et se dénigre vis à vis de ses soeurs qu’elle voit comme parfaites, jamais elle n’entre dans ce cercle d’apitoiement sur son pauvre sort —OUI BELLA JE TE POINTE DU DOIGT ! — et c’est une héroïne faillible mais forte que McKinley nous offre.

« L’avant rencontre » est intéressante tant McKinley nous plonge dans (l’Angleterre ?) une époque qui fait certes rêver bon nombre d’entre nous, mais qui était surtout très dure et imprévisible pour tout le monde. Le fait que la famille de Belle perde tout du jour au lendemain est assez représentatif des risques business d’une époque de découvreurs et de parieurs. L’auteure prend tout son temps à nous dévoiler la rencontre entre la Belle et la Bête si bien que je me suis demandée si elle allait arriver…

…J’aurais préféré que ça ne soit pas le cas.

  • Histoire éternelle mais sans étincelles.

Autant l’ambiance « chateau enchanté » est écrite de main de maître avec une once de mystère et un soupçon de science-fiction (si, si !), autant je regrette d’abord le manque d’alchimie entre les deux protagonistes. Honte sur moi, je n’ai plus beaucoup de souvenirs du conte originel car Disney a effacé ma mémoire mais Belle accepte bien vite son sort et remarque l’humanité de la Bête un peu trop rapidement à mon goût. Si une relation platonique s’installe vite entre les deux, je suis au regret (singulier ou pluriel ?) d’annoncer qu’il n’y a pas d’étincelles. Rien. Pas même une engueulade sur la couleur des napperons ! La Bête est placide peut-être car elle est fatiguée d’avoir attendue 200 ans et Belle, certes un brin capricieuse, se complet dans sa petite routine. Le couple chiant ça ne vend pas du rêve d’autant que je ne crois à aucun moment qu’il s’agisse bel et bien d’un couple. Ni au moment de leur rencontre, ni à la fin.

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Deuxième gros point noir de cette lecture de vacances : où est l’antagoniste ? Si la version Disney avait le génial et retors Gaston, la daube avec Cassel avait une bande de bandits de grand-chemin certes ridicule mais ils mettaient des batons dans les roues des deux amoureux néanmoins.

Là il n’y a personne pour s’opposer à leur union (diront nous contre-nature ?). La famille de Belle s’insurge du traitement qu’elle « subit » pendant environ deux pages et puis se calme. Ils oublient qu’elle est une victime consentante puisqu’elle a choisit de son plein gré d’aller vivre avec la Bête mais bon…la mémoire ça va, ça vient comme on dit.

Personne ne trouve donc rien à redire à l’un comme à l’autre. Si je devais vraiment fouiller entre les lignes, pousser quelques virgules et fermer des guillemets je dirais que l’antagoniste est : le temps…Mais n’est-ce pas là notre némésis à tous et toutes ? Ne luttons-nous pas sans cesse contre le temps ?

  • Bref !

Belle de Robin McKinley était une lecture de vacances somme toute plaisante. J’avais l’impression que les pages se tournaient toutes seules (magie de lecture) et s’il y a de bonnes trouvailles, cette réécriture manque de panache et de prise de risque.

Quand on s’attaque à du lourd, autant être sûr(e) de sa fin. Et force est de constater que celle choisie par McKinleychut chut pas de spoil ! — est navrante de facilité.

Ouais hein c'est quoi c'tte merde ?
Ouais hein c’est quoi c’tte merde ?

Alors qu’elle a passé des pages et des pages à nous brosser le portrait de Belle et sa famille pour ensuite nuancer l’histoire du chateau sans trop nous en révéler (très bonne mise en bouche je dois l’avouer) voilà que l’auteure décide de précipiter sa fin. À croire que la deadline de rendu à l’éditeur était pour dans deux heures. J’en reviens au fait que j’aurais sans doute préféré que la Belle ne rencontre jamais la Bête car le goût n’aurait pas été aussi amer une fois le livre refermé.

5/10

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