« Tu verras quand… » TA GUEULE !

Cette année j’ai fêté mon 27ème hiver.

27 ans que mes pieds de hobbit foulent cette planète, que ma tête s’emplie d’images par forcément arc-en-ciel et que j’entend cette satanée phrase horripilante « Tu verras quand… » *insérer n’importe quel cliché ou prophétie douteuse que la société aime nous rabâcher depuis des siècles*

Si au début je ne prêtais nullement attention à ce type de phrase (faut dire que je n’écoutais pas quand on me parlait) au fur et à mesure que je grandissais le fameux « Tu verras quand… » prenait de plus en plus d’ampleur jusqu’à en devenir étouffant.

Par respect envers la sagesse de mes aîné(e)s et aussi parce que j’ai appris très tôt à faire semblant d’écouter, je hochais la tête en attendant que ce termine l’annonce prophétique quant à mon avenir que tout le monde semblait déjà connaître bien mieux que moi.

aaah what ?

D’ailleurs c’est intéressant (ironie) de voir à quel point TOUT LE MONDE a un avis sur TA vie. Même les inconnu(e)s dans le rue se permettent des remarques car – et c’est un fait – tout le monde juge tout le monde. Je ne suis pas la dernière à le faire mais j’ai le bon sens – ou appelons ça de la décence – de les garder pour moi. Je pense que c’est pareil pour chacun(e) d’entre nous, lorsqu’on est jeune on a tendance à  « accepter » plus facilement les mise en garde et conseils de ceux et celles qui sont passé par là avant nous. On s’abreuve de leurs perles, de leurs histoires sans pour autant tout prendre pour argent comptant. En même temps il faudrait être stupide pour tout prendre tel quel. Mais c’est comme ça qu’on avance. On tâtonne, on se questionne, on écoute mais quand revient trop souvent le « Tu verras quand… » au bout d’un moment j’ai envie de hurler STOP !

  • Message aux petits vieux.

J’ai 27 ans. Je suis donc plus proche de la trentaine que de la vingtaine. Je suis ce qu’on appelle communément une « adulte ». Je suis dans la vaste catégorie des 26 – 50 ans. Adieu tarif jeune et bonjour fourre-tout de la société qui va me faire raquer le moindre penny durement gagné.

Il y aura toujours plus âgé, plus expérimenté que moi, rien ne sert de lutter. Mais force est de constater que je n’en peux plus d’entendre cette putain de phrase de merde « Tu verras quand… »

Tout comme je n’ai jamais supporté la condescendance des adultes envers mes avis et ma vie. Parce que je suis plus jeune que toi je n’ai donc pas vécu ? Parce que tu es né(e) avant moi tu t’accordes le droit de diminuer mon expérience de vie, de ne pas prendre en compte ce que je dis, ce que je pense car je suis plus jeune que toi ?

angry rondoudou
Ma réaction toute à fait mature et adulte 😄

À chaque génération ses combats, ses idéaux et à chaque personne son parcours propre et personnel. Si parce que je suis plus jeune que toi, je n’ai « encore rien vécu » alors toi tu n’as plus rien à vivre. CQFD. Maintenant va choisir ta pierre tombale et fiche moi la paix.

  • Moi c’est moi et toi tais toi !

Ce besoin permanent de se comparer aux autres m’énerve de plus en plus mais ça je ne l’ai réalisé que très récemment.

À ce moment de ma vie, je suis dans la catégorie censée être prise au sérieux (bien qu’à mon avis chaque âge doit être pris au sérieux), je suis mariée, une maison en cours de construction et un baybay en cours de finition. Selon les critères fixées par la société – occidentale du moins – je rentre dans les clous, je suis « normale » (encore un mot qui me donne envie de vomir) j’ai donc enfin le droit d’être prise au sérieux, non ?

Je le constate avec les personnes plus jeunes que moi qui me regardent avec ce respect mêlé de crainte et d’admiration que l’on réserve aux anciens de la tribu. Ils ont plus tendance à me vouvoyer qu’à me tutoyer me donnant l’impression qu’il y a un gouffre entre nous, que demain j’irais choisir mes couches Tena avant de finir de sculpter ma canne de marche. Alors qu’en vrai je passe mes journées à jouer avec mes chats et à rêver de cookies. Mais étrangement de l’autre côté de la démographie on me sert encore du « Tu verras quand.. » et on me regarde de haut, de loin.

  • Mais quand est-ce que ça va s’arrêter ?

Sérieusement, arrivée à ce stade de ma vie je pensais avoir décroché le totem de l’immunité, mais faut croire que non ! Comme il y aura toujours plus âgé que  moi tout porte à croire que cette maudite phrase sera toujours là. Tapie dans l’ombre cérébrale de celles et ceux qui se croient doués de pouvoirs prémonitoires car « ils savent », le « Tu verras quand… » sera toujours prêt à s’infiltrer en toi.

scream

Car ce qui a de plus pourri avec le « Tu verras quand… » c’est que cette phrase est faite pour piller ta confiance en toi. Cet assemblage de mots qui part souvent d’une bonne intention (l’enfer en étant pavé on pourrait s’en passer) est ce qui a de plus dévastateur pour toute personne en cours de construction et qui lutte en interne – et bien souvent seule – pour savoir qui elle est et où elle va. Cette phrase de merde est donc à bannir ! Vous l’entendez, partez ou brûlez la personne qui la prononce, par contre je vous laisse en assumer les conséquences. Personne n’a le droit de prophétiser votre avenir car il n’appartient qu’à vous. Personne n’a le droit d’émettre un jugement sur votre vie, sur vos choix car ceci n’appartient qu’à vous ! Le tout est d’assumer chaque choix que vous faites car – attention moment de mindblown cérébrale – on a tous et toutes le choix ! Rien n’est impérieux, rien n’est imposé. On a l’impression de ne pas avoir ce fameux choix alors qu’en réalité nous l’avons. Sauf que malheureusement il s’agit souvent de choisir entre la peste et le choléra. Meme là encore nous avons le choix et – mindblown n°2 – ne pas choisir est aussi  un choix !

  • Hakuna Matata bitches

Depuis le début de ma grossesse, je me suis reconnectée avec le moi insouciant de ma jeunesse. Celui qui n’écoutait pas les phrases commençant par « Tu verras quand… » qui ne savait pas quel chemin prendre mais qui n’en n’avait rien à faire car tout va bien se passer. C’est ce en quoi je croyais à l’époque et c’est ce en quoi je crois de nouveau aujourd’hui. Je ne sais rien (appelez-moi Jon Snow) mais je ne m’en fais pas car Hakuna Matata bordel !

C’est une croyance totalement subjective qu’on ne peut expliquer à personne. Il s’agit juste d’avoir la foi. À défaut d’avoir une foi religieuse, j’ai une fois personnelle qui ne concerne que moi et vous savez quoi ? Ça se passe très bien.

Tout n’est pas rose – de toute façon je n’aime pas trop cette couleur – et j’ai le droit à un bon petit vent de merde de temps à autre mais à quoi bon se prendre la tête sur ce qu’on ne peut pas comprendre, ce que l’on ne peut pas contrôler ? Tous ces gens qui me sortent du « Tu verras quand… » n’ont que du pessimisme à revendre et quand je répond avec du positif ces gens insistent encore plus, comparant leur vie à la mienne ou me sortant des généralités toutes faites pour sapper ma confiance. Sorry mais ça ne fonctionne plus !

Fuck (Ari Gold)

Ta vie c’est ta vie ! La mienne m’appartient et tu es prié de ne pas m’assommer avec tes idées préconçues tout ça parce que les généralités se sont appliquées à ton cas.

Alors non, je ne m’excuserai pas d’être insouciante et d’avoir confiance en mon karma. Je ne m’excuserai pas de ne pas avoir de plans de vie, de ne pas savoir de quoi demain sera fait. Je ne m’excuserai pas de naviguer dans l’inconnu les yeux grands ouverts en me fiant à mon jugement personnel parce que tu c’est quoi ? ON VERRA !

 

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