Pompe ma fille – une histoire laitière

Attention, cette chronique va parler de boobs et de bouffe.

Comme vous le savez peut-être (ou pas) j’ai récemment crée une créature méta-humain à forte ressemblance génétique et comme tout être vivant il fallait bien lui donner à manger.

Si au début ça n’a pas tellement le choix niveau variété, le duel lait en poudre vs lait maternel fait pourtant bien rage depuis des lustres. Fut un temps où la question ne se posait même pas, et, de nos jours, dans certaines contrées splendides de notre belle planète, il ne vaut mieux pas donner autre chose que le bon vieux lait maternel (rapport à l’eau non potable toussa toussa). Mais en France, au 21ème les matrices ont le choix, et quel choix !

Ne sachant pas trop à quoi m’attendre et ayant été moi-même une dévoreuse de poudre blanche pour causes digestives, on a assisté M Balzi et moi à un petit cours sur l’allaitement. Étaient présentes des femmes de tous bords, souhaitant ou non allaiter leur future extension. Certaines avaient déjà vécu l’expérience mais voulaient se remettre à jour, d’autres ne l’avaient pas fait la première fois et désiraient se lancer dans l’aventure mammaire. Des profils et des envies divers et variés que la sage-femme a géré d’une main de maître. Zéro tabou, beaucoup de compassion, une grande ouverture de dialogue et surtout AUCUNE CULPABILITÉ !

Pendant toute la durée de la classe, elle a bien expliqué les avantages et inconvénients des deux méthodes en insistant que c’était un choix personnel et surtout maternel. N’en déplaise à l’entourage et au reste mais cette décision ne peut et ne doit être pris QUE par la mère.

Rassurée sur pas mal de points, j’étais partie du principe que j’essaierai et que je verrai si 1) ça me plait 2) ça convient à moi comme à Baybay Balzi. Pas de pression, pas de problème.

Si seulement…

got milk

Avec l’immense soutien des sages-femmes et les encouragements de M Balzi j’avoue avoir passé le cap difficile et compliqué des 10 premiers jours. Mais putain quelle fierté une fois que Baybay Balzi et moi avions débloqué la compétence « pie de vache » ! On va pas se mentir, c’est un grand moment câlin, doudou et tout. Mais, again, on va pas se mentir, c’est ULTRA contraignant. En tout cas ça le fut pour moi et ce pour plusieurs raisons. La première et la principale : la fatigue. Même si Baybay Balzi a fait ses nuits dès le début (la chaaaaaance ultime) lui donner à manger à la demande et pendant une durée indéterminée ça m’a pompé (huhuhu) toute énergie vitale. Le premier mois passe encore car M Balzi était là pour que je puisse me reposer entre deux tétés. Mais lorsqu’il reprit le chemin du labeur pécunier, je me retrouvais à la merci d’un petit être à l’appétit grandissant. Et c’est là que commence LA PRESSION ! Oui car avant ça c’était juste une culpabilité féroce à base de « je préfère tirer mon lait que lui donner le sein I HAVE FAILED AS A MOTHER !!! » mais on y reviendra.

Un bébé allaité c’est un bébé qui prend son poids moins vite. On le sait, c’est un fait admis et puis un humain quelque soit son âge, c’est un individu à part entière qui ne rentre pas forcément dans la norme instituée par la société, les professionnels de santé etc etc…Baybay Balzi c’est plutôt une crevette longiligne qui prend son temps pour s’épaissir. Personnellement tant qu’il n’y a pas de carence je ne vois pas le problème. Autant prendre son temps pour bien grandir. SAUF qu’à la PMI, les bienveillantes auxiliaires de puériculture ont commencé à appuyer sur tous les boutons qui poussent une mère à s’affoler (et c’est pas bien compliqué), en insistant sur la lenteur de la prise de poids et en m’invitant à produire toujours plus. J’avais presque envie de leur dire que malgré mon choix je n’étais pas une vache laitière et que pomper mes deux mamelles en même temps c’était physiquement impossible (quand t’as un sein qui glisse, honnêtement c’est relou) mais soit. Je suis leurs directives comme un gentil petit soldat et j’essaie (j’insiste sur le mot « essayer ») de ne pas me prendre la tête. Mais quand vous avez des professionnels de santé qui vous demande de venir tous les 2 jours – heureusement c’est à côté de chez moi – pour surveiller le poids de votre nouveau-né en « s ‘inquiétant » de la lenteur de la prise au bout d’un moment, malgré tous mes bons efforts j’ai paniqué.

milk-crying.gif

Et tout un tas de réflexions pleines de culpabilité qui viennent s’ajouter, puis j’en ai eu marre. Un jour, alors que la puéricultrice en chef pesait mon engeance, j’ai prit le gauche et demandé « mais ça fait quoi si la prise de poids est plus lente que la moyenne ? » eh bien RIEN DU TOUT ! La bonne dame (car elle était somme toute très gentille) n’avait pas la réponse car l’enfant en question ne présente pas de signe de carence. Sa peau était de moins en moins sèche, signe d’une bonne hydratation, ses selles et son urine étaient normales, signe d’un bon système digestif DONC POURQUOI ME FOUTRE LA PRESSION COMME ÇA !!!???

C’est juste que Baybay Balzi n’entrait pas dans la norme. Depuis le début je répétais (et me répétais) que sa prise de poids était juste un peu lente mais que c’était SON rythme. Tout le monde ne grandit pas de la même façon ni à la même vitesse. À partir du moment où je suis allée chercher la confirmation que ce n’était – dans son cas – pas grave, pfou ! Envolée, adieu la culpabilité vis à vis de son poids. Mais comme la culpabilité maternelle n’en finit jamais, une autre – installée depuis un moment mais qui attendait son tour pour faire surface – prit le relais.

Comme je l’ai dit un peu plus tôt, ça a pris environ 10 jours pour que Baybay Balzi et moi soyons en parfaite synchronisation. Un jour, pendant une tétée l’évidence est venue me frapper en pleine face (saloperie va). Je n’aimais pas donner le sein. Même si la prise se faisait de mieux en mieux, que j’étais fière de mon petit prout et ravie de voir que ma production lui convenait, je n’aimais pas plus que ça avoir un petit humain accroché à mes mamelles. En dehors des douleurs que ça peut occasionner, c’est juste que je me faisais incroyablement chier ! Il y a le temps de la tétée et puis celui de la digestion, autant de temps à ne pouvoir rien faire. J’ai essayé de palier au problème en lisant – la liseuse c’est quand même vachement pratique – pendant la digestion ou de regarder un film pendant tout le process. C’est assez efficace mais le fond du problème restait le même.

cow-griffin

Dans un soucis d’honnêteté je ne l’ai pas caché et même si Baybay Balzi ne comprend pas tout, je lui ai expliqué que je préférais lui donner mon lait mais autrement. Et c’est comme ça que je suis passé au tire-allaitement.

Je ne sais pas si cette pratique est très répandue ou non mais en tout cas personne n’en parle. En effet, que ça soit le corps médical, les pharmacies et autres vendeurs de poudre lactée, le tire-allaitement n’est jamais mentionné ou alors comme les petits caractères au dos d’un contrat d’assurance auto. Quand une maman décide de donner le sein on va éventuellement parler de biberon de complément (qui seront ou non composé de lait en poudre) mais le tire-allaitement exclusif ça se mentionne à peine et toujours dans l’ombre.

Ayant loué gratuitement une splendide pompeuse laitière (glamour, esthétique…prise en charge par la sécu) pourquoi ne pas l’utiliser à plein régime ? Je l’ai déjà dit mais le double pompage pour moi c’était impossible donc je m’occupais d’un sein à la fois en regardant des séries (et c’est comme ça qu’on s’enquille une saison en 3 jours) ou en lisant avec la liseuse (puisque tenir un livre ouvert et tourner les pages avec une seule main perso je ne sais pas faire). Mon extension me regardait les yeux plein d’espoir et d’excitation (bah oui le pompage c’est rigolo) à la promesse d’un délicieux repas made in moi-même.

Le tire-allaitement possède l’avantage indéniable du suivi de production ce qui peut rassurer en voyant la quantité exprimée. À contrario si on vit déjà dans la tourmente de la quantité, ça peut augmenter la fameuse culpabilité maternelle. Et c’est ce qui s’est passé pour moi après 15 jours de tire-allaitement.

La raison est parfaitement simple : la fatigue.

Encore elle !

cow-hair.gif

Pour des raisons de budget M Balzi et moi avons décidé de s’occuper nous même de la peinture de la nouvelle maison ainsi que d’une partie des sols.Déjà qu’un déménagement lambda ça demande du temps, de l’énergie alors la réalisation des travaux je ne vous en parle même pas ! Les tétées étant galère à mettre en place je me suis dit autant tenter l’aventure du tire-allaitement car tirer le lait me prenait moins de temps (même en manuel). Le hic c’est qu’il n’y a que moi qui conduit donc en plus d’une grosse journée de travaux il fallait se taper le trajet aller-retour en voiture. En allant à la maison environ 5 jours/semaine j’effectuais environ 500km/semaine ! Et une conduite qui inclus le périphérique parisien c’est une conduite éreintante. On ajoute à ça des nuits assez courtes et la production chuta comme la bourse de 1933.  La différence était d’autant plus flagrante lorsque j’exprimais mon lait (oui c’est l’expression politiquement adéquate) lors de mes jours de repos où là Baybay Balzi avait le droit à un festival lacté.

Je n’ai jamais aimé faire à manger. J’aime manger, mais faire à manger je considère ça comme une perte de temps et en général j’attend toujours le dernier moment donc je « cuisine » toujours des trucs assez rapides. Sauf que les repas d’un nourrisson même si ça se prépare au dernier moment – je nourris à la demande puisque mon emploi du temps ne me permet pas des horaires réguliers – ça ne se donne pas à la va-vite et force fut de constater que même tirer mon lait (surtout à 23h-00h après 12h de travaux + trajets) ça commençait doucement à me taper sur le système et qui plus est je m’endormais sur le tire-lait…littéralement.

Il y a plusieurs clefs pour bien réussir son allaitement, notamment une très bonne hydratation, un sommeil de qualité et bien manger mais surtout et je pense qu’on insiste pas assez sur ce point : le psychologique. Une part de moi était prête à passer au sevrage tandis que l’autre luttait encore à base « non ! J’ai fait un choix et je m’y tiens au moins jusqu’aux 4 mois ». C’est crétin mais que voulez-vous, madame Culpabilité à de l’emprise. Si on n’a pas/plus envie d’allaiter, la production baisse d’elle-même et lorsqu’on rajoute des facteurs externes comme par exemple la fatigue, remonter à une production suffisante pour l’enfant c’est très très compliqué.

hungry-horror.gif

J’ai donc beaucoup réfléchi et me suis renseignée sur les laits en poudre (galère). La première chose que j’ai faite c’est envoyer paître M Balzi lorsque celui-ci a commencé à émettre des protestations.

« T’es bien mignon mais là tu n’as pas ton mot à dire. Je suis fatiguée, épuisée même, donc si Baybay Balzi le vit bien et accepte le lait en poudre j’arrête et puis c’est tout. »

J’étais déjà sacrément fière de moi, de nous, pendant ces 2 mois et demi mais au bout d’un moment quand on ne peut plus tenir il faut savoir dire stop. Et comme arrêter les travaux n’était pas une option…

Il y a un truc que je trouve parfaitement effarant et inadmissible (toujours en rapport avec la culpabilité toussa toussa) c’est ce lobbyisme anti-lait en poudre et cette image d’Épinal que l’on accorde à l’allaitement. Mais ça j’en parlerai dans un autre billet (teeeeeaaaaaser).

Quoiqu’il en soit il y a du choix. L’allaitement exclusif ou mixte, le tire-allaitement (exclusif ou mixte), le lait en poudre et je suis sûre qu’il y en a d’autre dont je n’ai pas entendu parlé. Pour avoir tester ce que je viens de vous citer j’ai envie de vous dire « vous prenez pas la tête, écoutez-vous, écoutez votre bambin et ça se passera bien. »

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