American Horror Story – Méta-gore, pop culture et flemmardise.

À l’heure où j’écris ces lignes, la saison 6 d’American Horror Story est enfin terminée. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que la nouvelle saison ne devient intéressante qu’à partir de la moitié pour ensuite de nouveau s’essouffler au dernier acte.

Aujourd’hui il n’est presque plus la peine de présenter la série, anthologie du folklore nord-américain à tendance horrifique, chaque saison possède son propre arc narratif et ses propres personnages même si la poignée d’acteurs et d’actrices a tendance à être la même d’une saison à l’autre.

  • Back To America(n Horror Story) 

Il y a 5 ans de ça quand la première saison fut diffusée je me souviens m’être pris une claque autant visuelle que scénaristique. Alors qu’on découvre la maison aux mille meurtres (c’est le nom que je lui donne, en vrai et en v.o c’est Murder House) parée de ses lampes Tiffany, on rencontre une famille brisée qui tente le tout pour le tout après un événement tragique dont les détails nous sont révélés au fur et à mesure de l’histoire.

Le père est un psy qui utilise une pièce de la maison comme bureau ce qui est la porte ouvertes à un bon nombres de patient-e-s pour le moins…intéressant-e-s. Très vite, l’ambiance glauque de la maison au passé sanglant pèse sur les épaules de la mère, tandis que sa fille dépressive s’acoquine avec un garçon perturbé et perturbant. Si la série s’était nommé autrement nous aurions eu droit à un drame familial rondement mené et très bien interprété où les éléments du quotidien (la voisine intrusive et glaçante, l’adolescence chaotique, une vieille baraque aux marches qui craquent etc) peuvent suffire à rendre l’atmosphère suffocante. Mais voilà, on regarde American Horror Story et c’est RyanNip/TuckMurphy qui est à la barre.

Mettons de côté sa création musicale youpla-boom-licornes-et-bisounours Glee et rappelons nous que le monsieur aime se tenir sur la ligne qui sépare le génie de l’opportunisme. Nip/Tuck, à l’époque, c’était DINGUE ! Irrévérencieux au possible et terriblement addictif. C’était la série dont on ne parlait pas à table et qu’on regardait de préférence seul-e, un peu comme le porno soft du samedi soir sur la 6. D’ailleurs Nip/Tuck frôlait souvent avec l’interdiction au moins de 16 ans pour son contenu choquant et ses scènes crues de sexes et de chirurgie/boucherie esthétiques. Et Murphy lorsqu’il créa American Horror Story, prit ce qu’il avait fait de mieux avec Nip/Tuck et l’injecta comme une bonne dose de collagène dans sa nouvelle œuvre.

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©Roberto Sánchez

La première saison était donc simple dans son pitch de départ : une famille emménage dans une maison connue pour son passé scabreux et sanglant qui va vivre des évènements troublants à forte tendance surnaturelle. C’est pile poil la base du folklore populaire états-uniens. Une histoire à la Amytiville qui va empruntait aux codes du cinéma d’horreur tout en baignant dans la légende urbaine. Murphy réunissait une bande d’acteurs et d’actrices jusqu’alors assez peu connu du grand public ou alors complètement oublié-e-s malgré leur immense talent et carrière. Oui, je parle de madame Jessica Lange.

On ne le savait pas encore mais on assistait à quelque chose de nouveau à la télévision et d’assez unique.

Si le final de la première saison fut quelque peu décevant le tour était joué. American Horror Story avait marqué les esprits et au fer rouge ! Celles et ceux qui avaient suivi les 12 épisodes avec avidité en redemandaient car il était impossible que ça s’arrête là. Octobre suivant, Ryan Murphy répond à nouveau présent ainsi que 90% du casting de la saison 1 et à travers les micro teasers distillaient quelques mois avant nous savions que nous aurions droit à autre chose. Fini le drame familial californien contemporain et bonjour l’asile psychiatrique tenu par des religieuses dans les années 50-60.

  • Que le monde est petit !

Il nous a étonné. Murphy et son équipe ont décidé de prendre une toute autre direction artistiques et scénaristique. Le public est soufflé, répond à l’appel de l’horreur et la saison 2 fut magistrale. American Horror Story n’a plus le droit à l’erreur et doit dorénavant produire un contenu toujours plus rafraîchissant, divertissant tout en gardant son côté horreur (psychologique, gore ou autre). La série parvient en deux saisons à faire du neuf avec du vieux (les thèmes maisons hantés et asile psychiatriques sont plus qu’usés dans le monde de l’horreur) et installe une familiarité entre la série et les gens qui la suivent.

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@Roberto Sánchez

D’ailleurs, comme pour « récompenser » les fans, l’équipe créative de la série s’amuse à lier des évènements ou des personnages de différentes saisons créant ainsi une chronologie, un univers plus cohérent que juste une anthologie où chaque saison se suffirait à elle-même. Et c’est là, je pense, la première véritable erreur d’American Horror Story.

Le fait que quiconque puisse regarder telle ou telle saison en fonction du thème qui l’interpelle le plus est une bonne chose. Sans être un format épisodiques style les Contes de la Crypte la série ne nécessite pas non plus qu’il faille avoir vu tout les épisodes depuis la création pour saisir les tenants et aboutissants comme ça peut être le cas pour Buffy Contre les Vampires ou X-Files par exemple. L’avantage de l’anthologie c’est que c’est entre les deux et faire quelques clins d’oeil, voire incorporer des petits œufs de pâques ça et là c’est sympa. Ça créé un sentiment de communauté auprès des fans, ravis les théoristes du complots qui vont aller chercher à savoir si la fourchette de l’épisode 5 de la saison 3 n’est pas la même que celle de l’épisode 1 de la saison 1 PARCE QUE TU COMPRENDS C’EST FORCÉMENT TOUT CONNECTÉ !!!

BAH NON !

Je ne suis pas fana du « tout connecté ». Si je veux du « tout connecté » j’achète un Nokia ou je regarde tous les films et séries de l’univers Marvel, mais American Horror Story, je trouvais ça plus intéressant quand chaque saison n’avait pas de lien les unes entre les autres.

Ceci dit, j’avoue avoir adoré tout l’arc sur Pepper dans la saison 4 : Freak Show. Pourquoi ? Parce que même si je décris cette facilité du « tout connecté » je suis la cible type de ce genre de procédé.

J’ai regardé la série depuis le début, je connais donc chaque période, chaque personnage, chaque décors des saisons précédentes. Je me suis attachée à tout ça et – comme beaucoup- je voulais en savoir davantage. Le fait qu’American Horror Story fournissent juste assez pour qu’on en veuille plus c’est ce qui va créer de la curiosité et de la loyauté envers la série. Pepper c’était un personnage très attachant dans la saison 2 et la revoir dans la 4 était très très sympa je ne le cache pas. Mais tout connaître de son destin – tragique – était-il vraiment nécessaire ? Je ne le pense pas. Oui, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Oui, j’ai poussé un petit cri en revoyant les murs gris et froids de l’asile quelques instants. Oui, sur le moment j’ai aimé ça. Mais quel était le but de la manœuvre au fond ?

Remercier les fans en leur offrant une sorte de DLC de saison ? Approfondir un personnage qu’ils regrettaient de ne pas avoir assez bien exploités avant ou tout simplement combler les trous d’un scénario vide de sens et aux personnages colorés mais profondément inintéressants ?

Je pense que vous pouvez deviner vers quelle réponse je penche.

  • Le début de la fin ?

Jusqu’à la saison 6 je considéré que le début du déclin était la saison 3. Malgré de très bonnes idées et un casting plus variés, Covent peinait à convaincre et – je suis désolée – mais Emma Roberts n’avait rien à faire là dedans ! Son jeu était trop exagéré alors que son personnage – un gros tas de clichés misérables sur la petite fille pourrie gâtée à l’égo surdimensionné – en soi est déjà « too much ». Faut dire qu’elle a la tête de l’emploi aka une tête à claque, et ce type de personnage elle l’incarne brillamment dans Scream Queens qui est une série très second degrés et donc l’exagération de son jeu est à propos. Mais dans cette troisième saison c’était à la limite du supportable.

La saison 3 (et la saison 4 aussi d’ailleurs) c’est la saison des opportunités manquées. Pleins de petits bouts de pistes ça et là mais rien de bien approfondis. Jessica Lange joue plus ou moins le même rôle d’une saison à l’autre et sa colère froide qui, parfois, explose et son mélange acariâtre/femme meurtrie ne prend plus. Les personnages ont du potentiels mais les promesses faites ne sont pas tenus. Ce que je retiens de Covent c’est 1) les sorcières sont bien sappées 2) Angela Basset !!! 3) KATHY – ANNIE WILKES – BATES !!!

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©Roberto Sánchez

Ces deux dernières vont d’ailleurs rejoindre de manière permanente le casting, baissant un peu la moyenne d’âge du casting et permettant au public, en temps voulu de dire au revoir à Jessica Lange. Les trois doyennes (je met volontairement Frances Conroy de côté car moins mise en avant) sont toutes des femmes de talents un peu trop longtemps oubliées et leur retour fut encensé par les fans, les critiques et – je l’espère – aura permis à toute une nouvelle génération de découvrir leurs riches carrières.

Si la saison 3 avait des défauts, elle essayait vaguement de produire une intrigue un peu touffue et de taper dans l’histoire sombre des états-unis avec son portrait – à peine, mais alors àààààà peine brossé – de l’esclavage. N’étant pas une experte es-vaudou je ne sais pas si ce qu’on a vu et entendu était ne serait-ce qu’un minimum proche des vrais rituels mais tout le tintouin me semblait surfait en mode « t’as vuuuu on en sait des choses. »

Bref ! La saison 3 était une déception frustrante car il y avait du potentiel.

La 4 : Freak Show retourne dans le passé où l’on suit un des derniers cirques de « monstres » tenu par une femme à la beauté vieillissante qui s’accroche à son passé et à ses rêves brisés incarnée par…par JESSICA LANGE ! Qui nous fait un mélange de tous les personnages qu’elle a incarné jusque là pour American Horror Story. Alors si c’est assez drôle de l’entendre mal chanter des classiques de la pop music, c’est affligeant de voir son lien avec la saison 2. Car Freak Show se la joue vraiment intime avec Asylum et c’est non seulement mal exécuté mais en plus preuve d’une flemme scénaristique.

Il faut arrêter de créer des mondes tous petits où le coiffeur du héros est en fait le fils de la cousine du grand méchant et la grand-mère n’est autre que la sœur du frère de l’oncle qui détient la solution miracle ex-machina. J’exagère mais c’est l’effet que produit la « chronologie » de « l’univers » American Horror Story. C’est quelque chose dont je ne veux pas et qui en plus est mal fait. De base je suis assez bon public mais là ça donne juste l’impression de tourner en rond.

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©Roberto Sánchez

La saison 4 est dégueulasse.

L’image est dégueulasse, le son est dégueulasse, les personnages sont moches, l’histoire est chiante, le gore est gratuit et on s’ennuie. C’était ce que je pensais de la saison 6 d’ailleurs jusqu’à l’épisode centrale (le fameux n°6 qui me fait un peu changer d’avis). Il n’y a plus aucune surprise, et revoir encore et toujours les mêmes têtes commencent à lasser. Peut-être l’ont-iels compris car avec la saison 5 intitulée Hotel, American Horror Story pratique un retour aux sources tout en incorporant plus de sang neuf et c’est quasi réussi.

Un retour aux sources oui mais sans l’icône marquante depuis le premier épisode : Jessica Lange. Et quoi de mieux que de remplacer une icône par une autre ? Probablement l’artiste la plus fascinante depuis quelques années, Lady Gaga s’est en partie tournée vers le métier d’actrice et il est évident que Murphy & cie sont fascinés par la jeune femme tout autant, voire plus, que par Jessica Lange.

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Beaucoup reprochent justement la réutilisation des mêmes comédien-ne-s de saison en saison mais personnellement ce n’est la face cachée du vrai problème. Quand les rôles sont bien répartis nous assistons d’année en année à de nouvelles performances, à de nouveaux registres et – je pense – que c’est un excellent challenge pour le casting usuel. Très peu d’actrices et d’acteurs peuvent se targuer un tel éventail de personnages à disposition dans la même série. Il y en a qui s’engouffre pendant 3, 5, 10 ans dans la même peau et au bout d’un moment s’y sentent étriqués.

  • Ce n’est pas une famille […] c’est un fléau naturel.

©Daniel Pennac - La Fée Carabine

La saison 5 s’intéresse au thème de la vie éternelle – déjà abordé lors de la saison 3 et un sous un autre angle dans la 4 via le personnage d’Elsa Mars – et la famille. C’est d’ailleurs le véritable fil rouge de la série. Il s’agit là d’un point commun essentiel à chaque saison.

La première parle d’une famille qui tente de se reconstruire dans une maison qui en a détruit beaucoup avant elle.

La 2 va évoquer la famille impossible à construire ou encore celle dont on ne veut pas (cf Lana Winters), l’asile formant d’ailleurs une famille dysfonctionnelle au possible.

La 3 va enfoncer des portes ouvertes sur les relations mère/fille et le lien sacré entre des sœurs au sens figuré.

La 4 c’est la famille par défaut, entre exclu-e-s de la société on se soutient. Et avec la 6 on revient à quelque chose de plus ancré dans la réalité avec l’histoire de ce couple qui cherche un nouveau point de départ. À mesure des épisodes les deux héros du début laissent place à Lee – la sœur de Matt – incarnée par Adina Porter qui jouait la mère alcoolique et abusive de Tara dans True Blood. Chaque cellule familiale subit des pertes – plus ou moins justifié par le scénario – mais le salut vient toujours d’un sacrifice qu’il soit volontaire ou non, poussant la chose à son paroxysme lors de cette saison 6. Les fins heureuse ce n’est pas tellement l’adage d’American Horror Story.

  • Cauchemar en TV

My Roanoke Nightmare est le nom de la première partie de la saison 6 et reprend – sans les exploiter correctement – les codes des docu-fictions dont sont friands les américain-e-s. Avec les copains du podcast on en as parlé là :

À ce moment là la série n’était pas terminée et nous ne voulions pas spoiler. Nous allons d’ailleurs parler de la suite dans un prochain numéro de Série B (OUI JE FAIS DE LA PUB!!!) mais j’avais envie de revenir dessus sur ce blog car 1) ça faisait longtemps que je ne l’avais pas nourri et 2) j’ai envie !!!

ATTENTION SPOILERS !

99 % des reproches que j’ai pu faire à la saison 6 furent pardonné à partir de l’épisode 6. En effet, alors que prend fin la fausse série My Roanoke Nightmare c’est là que commence vraiment American Horror Story. L’équipe de production de la saison 1 – qui fut un immense succès – souhaite retourner sur les lieux sanglants et tourner une saison 2 façon télé réalité en invitant notamment le casting de My Roanoke Nightmare mais aussi les vrais Shelby, Matt et Lee – qui témoignaient face caméra jusque là. Le producteur est une peau de vache qui ne cherche que le chaos menant à un fort taux d’audience. Il souhaite d’ailleurs tout filmé de Rat à Zèbre, même en coulisse dans un faux soucis de transparence. Là est donc la parfaite occasion de faire du found footage gore mais surtout de partir sur une ligne directrice plus mêta.

En effet, cette seconde partie de saison intitulée Return To Roanoke : Three Days in Hells, offre une critique cinglante de l’univers télévisuel, de la quête perpétuelle de célébrité celle-ci pouvant mener littéralement à la folie.

La question des réalité se pose. Laquelle est la bonne et surtout laquelle préfère t-on ?

Car au final nous n’assitons jamais à la véritable histoire de Matt, Shelby et Lee. Celle-ci est raconté à travers l’interprétation de la série My Roanoke Nightmare, avec leurs commentaires face caméra. Ce à quoi nous assistons par la suite avec Three Days in Hell est – dans American Horror Story – la véritable réalité. Sans filtre, sans interprétation nous voyons grâce aux multiples caméras tout ce qui se passe et un peu trop.

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Car la seconde partie de la saison 6 se targue d’être sans montage – puisqu’il s’agit de found footage – et donc sans mise en scène. Or, il y a du montage puisqu’il y a du champs contre champs, des cut pour passer d’une caméra à l’autre et même de la musique extradiégétique. Donc Three Days in Hell n’exploite pas à fond et convenablement le principe même du found footage. Bien d’autres ce sont cassés la figure sur ce style de mise en scène et American Horror Story n’y échappe pas. Cependant, ce que j’ai trouvé de très intéressant, et que j’avais prédit lors du podcast, c’est que tout devient plus fou, plus violent, plus incroyable alors que nous sommes dans le réel.

My Roanoke Nightmare mettait en scène une fiction qui n’arrive pas à la hauteur du réel.

Three Days in Hell brouille toutes les limites du réel, du tangible et jusqu’au bout on peut penser à un canular de grande ampleur mais non, c’est bien vrai. Et c’est ce qui rend cette partie de la saison 6 plutôt fascinante bien qu’il y ait de nombreux défauts de scénario et de mise en scène.

À la fin on se retrouve encore avec pas mal de questions sur les bras mais celles-ci sont dû à des vides scénaristiques et ne sont pas – je pense – intentionnellement présente. Ce n’est pas un jeu cérébral de la part des scénaristes que de les avoir laissées là.

En dehors ce côté méta, de ce traitement du réalisme fictionnel qui enfonce parfois des portes ouvertes, le reste n’est pas particulièrement bon. Il n’y a eu pour ma part aucun attachement aux personnages, aucune empathie pour eux. À un moment donné, la production de Three Days in Hell met en garde le public en disant que seule une personne va survivre. Si ça c’est pas de hameçonnage je me demande !!!

Sur moi ce genre de procédé fonctionne à merveille, je le confesse. Cela fait travailler ma curiosité un tantinet morbide et donc je suis restée jusqu’au bout pour savoir si j’avais raison ou non quant à l’identité de la personne qui allait survivre…

…j’avais raison.

Mais il y a eu pas mal de réactions négatives notamment sur le réseau de l’oiseau bleu qui criaient au scandale ! « OUI EUUUUH ON NOUS SPOILEUH C’EST TROP NULEUH ! ».

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Si l’info avait fuité, oui ça aurait été du spoiler mais là c’est un procédé peu commun – certes – mais bien présent. Je pense à, par exemple, à Simetierre roman dans lequel Stephen King prophétise la mort d’un des personnage. Cela prend complètement par surprise et j’ai redouté autant qu’attendu le moment fatal. American Horror Story tente la même chose maiiiis ça ne passe pas vraiment. J’y ai vu un procédé un peu cheap pour tenter d’attiser l’intérêt de l’audience en voulant se faire passer pour original et décalé. Or, ça relève plus du vide scénaristique qu’autre chose. En effet, la saison 6 d’American Horror Story se tourne du côté du torture porn et revenge porn, les fantômes ne devenant qu’accessoire. Three Days in Hell devient une histoire de survie très conventionnelle mais comme on se fiche des personnages comme d’un poteau électrique, on attend juste que massacre se passe.

Cette saison, que je qualifiais au début de pire saison EVER, a su sortir la tête de l’eau un instant mais hélas elle manque de substance et la forme – largement privilégiée au fond – n’est même pas assez aboutie ni travaillée pour qu’on pardonne bons nombres d’erreurs.

Ce qui m’a fait réfléchir sur le reste d’American Horror Story et j’en arrive à la conclusion suivante : la série est flemmarde.

  • De la forme oui mais quid du fond ?

Personnellement, je suis très déçue des choix thématiques et ce malgré la surprise de la direction méta qu’a pris la série. Lorsque j’ai vu le mot Roanoke tout un tas d’engrenages se sont mis en place et j’ai espéré – je le dis dans le podcast – que la série se tourne vers une part sombre et pourtant fondatrice des États-Unis.

Quand j’y repense – et ce malgré mon amour des deux premières saisons – la série a toujours entretenu un côté subversif mais qui ne l’était que sur la forme et le plus souvent flirtant avec la vulgarité. Sur le fond, les histoires étaient somme toute conventionnelles, classiques et sans véritables surprises, s’enfonçant régulièrement dans le cliché quand la série ne bondit pas d’un vide scénaristique à un autre.

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©DennyKotian

Je parlais un peu plus haut de la variété de personnages, mais l’un des énormes défauts de la série c’est justement le trop grand nombre d’individus. La saison 3 était particulièrement marquant sur ce point car chacune des femmes présentes donnaient envie qu’on les connaisse mieux sauf que le scénario s’est contenté de brosser des portraits vite fait, et de survoler le potentiel immense des protagonistes.

M’est avis que quand on met un trop grand nombre de personnages dans un film, roman ou série sans les travailler plus que le minimum c’est pour cacher la vacuité scénaristique.

Et si l’on met de côté les claques visuelles, quelques surprises et rares performances saisissantes (vraiment…y en a pas beaucoup) on se rend bel et bien compte qu’American Horror Story c’est du rien enveloppé dans du vide avec un joli ruban en la forme d’une très, très bonne campagne marketing.

M’étant rendue compte de cela, est-ce que je vais pour autant arrêter de suivre la série ? Je ne pense pas car elle réussi à m’intriguer bien que mon intérêt et mon engouement s’étiole d’année en année. Il y aura toujours cette part de moi qui espère que cette saison sera dingue et tiendra enfin la promesse faite en filigrane depuis le début.

DAMNED !

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